Un 8 mai, il y a maintenant sept ans, j'ai passé le portail qui grince et je suis entrée dans la cour de cette maison, avec mes enfants sous le bras. J'ai rencontré Ga ce jour-là et je pense que depuis, je ne l'ai jamais quittée. Il est des rencontres qui bouleversent tout et qui font que la vie n'a plus la même couleur après : tout vous semble embelli. J'ai rencontré Ga et j'ai rencontré sa maison. Nos enfants se sont trouvés. J'ai entremêlé ma vie à la sienne, j'ai mis le pied ici et je me suis sentie chez moi, accueillie, portée et aimée.
J'ai vu cette maison changer, être habitée, puis quittée, avant d'y revenir. J'ai vu des meubles bouger, déménager, partir. J'ai vu des murs passer d'une couleur à l'autre, des cloisons s'élever ou s'effacer. J'ai vu des enfants grandir. J'ai vu mon amie rire, et aussi pleurer. Mais rire plus fort après. Je me suis vue rire ici, et aussi pleurer. J'ai de nombreuses fois débarqué avec mes valises sous le bras, quand tout était trop douloureux, quand je ne m'en sortais pas et c'est ici, dans ses bras à elle, les bras de cette maison et surtout ceux de Ga, que je me suis reconstruite, comme cette maison elle-même peu à peu se reconstruit.
C'est un endroit qui ne ressemble à aucun autre, qui lui ressemble à elle, à mon amie. Il y a toujours du café qui fume, parfois un peu bouilli, et du riz, et des pâtes, et des bières, et le petit blanc moelleux, et des tartines de pain au beurre salé, et des pizzas pour quinze, avec tous ces enfants qui passent et puis sa maman, et puis ses frangins, et puis les collègues-amis, et puis les voisins-amis, et puis les amis d'amis. Tout ça fait un joyeux désordre, une douce pagaille. On se sent bien ici.
C'est une maison à la fois grande et petite. Grande par ses espaces et petite pour y garder les secrets.
Il y a des livres, partout. Des livres pour les grands, des livres pour les petits. Ca déborde, ça envahit les murs, les phrases se répandent, les illustrations se répondent. Tout est écrit ici. Tout est lu. Tout est raconté. Tout est murmuré. Tout est littérature.
Il y a de la musique, partout. Il y a des instruments et une vieille platine et une collec de 45 tours parfaite pour les blind test les plus rocambolesques. On danse beaucoup ici, les meubles valsent et nous aussi. On va voir des concerts au bout de la rue et on discute tard, tard, dans la nuit.
Les chambres communiquent entre elles, il y a des échelles et des passerelles, il y a de la lumière qui inonde tout ça, il y a de la chaleur et des couettes superposées sur les matelas.
J'ai des bouts de moi dans cette maison. J'ai de l'amour que j'ai entreposé là, que je lui donne, même quand on ne se voit pas pendant un bon moment, comme ces derniers temps. Il me tarde de retourner pousser la porte qui grince et faire résonner mes talons sur le plancher. Il me tarde de revenir ici. Je sais que Ga m'y a fait une place. Et je mesure, chaque jour, la chance que c'est d'avoir une telle amie dans sa vie, un tel endroit pour me poser. J'aimerais revenir longtemps, j'aimerais la retrouver toujours.
























Tres beau..
RépondreSupprimerLisa, ton texte est si beau et il résonne en moi, tu as su décrire l'âme de cette maison, c'est ça le plus important, à mes yeux, dans une maison, y sentir l'âme de ceux qui y vivent, et avoir le droit d'y mêler la sienne.
RépondreSupprimerC'est beau. La maison et ce que tu écris... Émouvant aussi...
RépondreSupprimerLa maison parfaite, cette hauteur, ce blanc, cette lumière, les écrits et les objets aux murs... et ce texte putain, ce texte... Merci Ga & Lisa
RépondreSupprimerMyriam
aaah, enfin LA maison!! ;-) 11 ans maintenant que j'ai envie de la visiter!!
RépondreSupprimerCette maison et les petits bouts que j'en ai vu ici et là me font fantasmer ainsi que la joyeuse ambiance qui doit y régner.
RépondreSupprimerSublime cette maison!!!
RépondreSupprimerQuel beau texte ! quelle belle maison ! quelle chance de connaître une si belle amitié !
RépondreSupprimerje l'attendais , elle, ses mots et ses murs et ses mots sur les murs
RépondreSupprimeret les mots posés sur elle font un joli toit.....
c'est beau . le dedans, le dedans-dedans, le dehors. Merci.
RépondreSupprimerTes mots pour dire votre amitié sont magnifiques.
RépondreSupprimerHaaannn ! Je t'aime
RépondreSupprimerWhaou c'est beau ce que tu écris sur votre amitié et cette maison !!!
RépondreSupprimerLes maisons vivantes y'a rien de mieux, et puis cet espace est dingue.
Pour le coup c'est un magnifique repère comme je les aime ;-)
Bises à vous deux.
je retrouve ici le bout de la grenouille qui m'a tant plus dés la première (et dernière!) fois et ton art de vous raconter :)
RépondreSupprimerUne maison atypique. Des espaces ouverts,comme les bras de ceux qui vous accueillent chaleureusement, une cuisine avec une table autour de laquelle on se rassemble et on refait le monde des heures durant devant un café et dans la brume des volutes de clopes....je me retrouve dans cette idée de la maison, le lieu de toutes les protections et de toutes les intimités ....
RépondreSupprimerJe me souviens de Ga, de cette maison & de votre belle amitié... merci pour la re-visite ! ;o)
RépondreSupprimerPS: Toujours autant de talent pour mettre des mots sur les choses...
Quel beau lieu de vie
RépondreSupprimerTrès bel endroit et magnifique texte !
RépondreSupprimerNathalie
superbe !
RépondreSupprimer