Ce blog sans prétention est né d'une envie commune : celle de proposer nos photos pas toujours bien cadrées et quelques mots tout simples pour évoquer ce que représente pour nous la maison, ainsi que partager quelques bonnes idées.
Quand on n'a pas trop de sous, on invente autrement, on bidouille, on se débrouille, avec de la récup et de l'imagination. Alors bienvenue chez nous, avec nos piles de linge entassées, nos fils électriques mal planqués et nos peintures bon marché ;)

lundi 30 mai 2016

Chez Nathalie B. (2)

 Nathalie (41 ans, historienne de l’architecture et de l’urbanisme), Sylvain (41 ans), Marc (11 ans), Lazare (6 ans) et Jacob le chat (16 ans) – Marseille, 90 m2, propriétaires.



Comme nos amis nous connaissent, il arrive aussi qu’ils nous amènent des trucs récupérés d’un endroit ou d’un autre. C’est comme ça qu’on a hérité de la très belle suspension en rhodoïd plissé de notre chambre ou de la jolie horloge du salon. On a la chance d’avoir un bel oiseau d’Anaïs Massini et une lithographie dédicacée de Marc Desgrandchamps, des cadeaux que nous aimons beaucoup.

J’ai pas mal déteint sur mon homme et mes enfants, alors ils se sont mis à aimer les vide-greniers et ramènent des trucs trouvés dans la rue. Mais c’est presque toujours moi qui ai le dernier mot sur ce qui reste ou non dans la maison. Le plus jeune, en plus, veut toujours tout garder alors sa chambre est un peu une caverne d’Ali baba. Le plus grand est un grand fan de géographie, gros lecteur et très curieux, musicien, aussi. Sa chambre est remplie de cartes et globes et il commence à avoir une sacrée collection d’atlas.

C’est bête à dire mais j’aime les objets. J’aime que mes yeux ne rencontrent que des choses qui leur sont agréables, alors j’ai l’habitude de ne m’entourer que d’objets que j’apprécie. Ma motivation pour l’achat ou la récup est très très très rarement la nécessité ; je peux d’ailleurs rester des mois sans un ustensile dont on a besoin parce que je ne trouve pas quelque chose qui me plaît. Même si c’est une balayette. Je crois que c’est un peu maladif. L’autre jour, Sylvain est rentré à la maison avec des bacs à glaçons (dont nous avions besoin) que je trouve tellement moches que ça me contrarie chaque fois que j’ouvre le congélateur. Il va falloir que je les change ! Même pour les produits de consommation courante, je suis assez intransigeante ; il y a quelques années, nous avons eu une invasion de mites alimentaires ; depuis, nous mettons tout dans des bocaux, ce qui me convient très très bien. Comme ça, quand j’ouvre un placard, je ne vois pas de sachet moche. Et comme on fait beaucoup de choses par nous mêmes, on n’est pas trop pollué par les emballages de l’agro-alimentaire. Je n’en suis pas spécialement fière, mais je suis bien du genre à tout transvaser dans de jolis contenants pour ne pas m’imposer quelque chose qui me déplaît.

J’ai aussi une tendance collectionneuse, ce qui va avec le côté chineur compulsif, non ? Je trouve souvent un objet plus intéressant lorsqu’il est accompagné de ses congénères, ou en série. J’ai une collection de petites photos touristiques assez considérable planquée dans des boîtes, une collection de stéréoscopes, mais j’en ai aussi une autre beaucoup plus visible : ce sont des boîtes souvenirs en bois facetté. Il y en a un peu partout chez nous et je crois que je suis la seule à trouver ça joli ! Je commence toujours une collection malgré moi, mais je me rends compte que je suis toujours attirée par les objets touristiques. J’ai ainsi toute une série de torchons ornés de cartes ou de calendriers.

Bref, je pourrais parler des heures de toutes les merveilles très subjectives qui sont chez nous. J’aime l’idée que chaque petite chose ait son anecdote plutôt que son ticket de caisse. C’est l’association de tous ces bouts de vie qui donne de la valeur aux choses à mes yeux : les copains, les souvenirs, le hasard, la famille, le plaisir de la trouvaille, la satisfaction d’offrir une seconde vie, le sens écologique aussi, la surprise, l’échange…

Comme tout le monde j’imagine, quand je vois les photos de chez nous, je trouve qu’il y a plein de trucs qui pourraient être améliorés mais nous y sommes bien, surtout quand ménage et rangement sont faits (je deviens maniaque avec les années !) et avec une bonne dose de soleil, dont la région n’est pas avare. Et puis nous sommes plus attentifs aux petites réparations et aménagements à faire depuis que nous pratiquons les échanges d’appart… on le fait plus pour nos échangeurs que pour nous, mais on en profite quand même !

(D’ailleurs, je viens de voir une toile d’araignée sur une des photos !! oups !)

dimanche 29 mai 2016

Chez Nathalie B. (1)

Nathalie (41 ans, historienne de l’architecture et de l’urbanisme), Sylvain (41 ans), Marc (11 ans), Lazare (6 ans) et Jacob le chat (16 ans) – Marseille, 90 m2, propriétaires.










Nous habitons dans un immeuble de 1955 depuis 2009 et nous sommes seulement les seconds occupants de cet appartement. Il avait été mis au propre pour être vendu (électricité, peintures et salle de bain) mais il avait gardé toutes ses caractéristiques d’origine : les carrelages en grès cérame moucheté, la cuisine sur cour, le salon avec ses portes cathédrales, les menuiseries et les volants roulants en bois, etc. C’est ce qui nous a plu ici : pas de gros travaux à prévoir mais presque tout d’origine. Par contre, les goulottes pour l’électricité et les petits aménagements des années 1970 (portes à chapeau de gendarme et poignées bien rococo), on s’en serait passé… et on voyait bien que la disposition pouvait être franchement améliorée.

On savait à peu près ce qu’on voulait faire comme changements, mais faute de budget, on a longuement mûri tout ça, comme d’habitude. Une de nos spécialités est de partir juste quand on s’est décidé à faire des travaux. Après avoir bien réfléchi, on a trouvé une façon de transformer suffisamment en cassant très peu, donc avec un budget réduit. Et plutôt que de faire au fur et à mesure de nos moyens, ce qui aurait pris 10 ans, on a décidé de s’endetter pour tout faire d’un coup. L’année prochaine, on sera libéré de notre prêt travaux… on pourra déménager ;-)

La cuisine est maintenant grande et ouverte sur le salon, et profite du balcon. La salle de bains a été refaite parce que de toutes façons, il n’y avait plus rien d’origine. C’est une de mes pièces préférées : simple et efficace, avec, comme dans presque toutes les pièces, un mur de couleur. Une bonne façon de changer le style d’une pièce. Notre chambre a déménagé dans presque toutes les pièces de l’appartement. Elle est maintenant dans l’ancienne cuisine, si bien qu’on en a profité pour laisser un point d’eau. C’est un peu comme si on était dans une petite chambre d’un hôtel un peu désuet. On a aussi créé un super chouette bureau dans un ancien placard, grâce à un copain menuisier très talentueux, qui nous a fait les plans et la réalisation. J’en profite bien car je travaille très souvent chez moi.

Je chine beaucoup et depuis très longtemps ; je fais feu de tout bois et je dégote des trucs vraiment pas chers : Emmaüs, bien sûr, vide-greniers, bon coin, brocantes parfois mais aussi de la récup dans les poubelles (enfin, à côté en général !), meubles et objets en tout genre. C’est un sport local : beaucoup de gens jettent tout et n’importe quoi à la poubelle, ou en tout cas le laissent pour qui veut. J’imagine que ce que j’écris ne redorera pas le blason de Marseille, déjà réputée sale, mais j’y vois plus une culture du partage et de la récup qu’une négligence pour la propreté des espaces publics, en tout cas dans les moments où j’ai encore un peu foi en l’humanité.

Chez nous, il y a plein de trucs qu’on a trouvé dans la rue, pas seulement à Marseille, mais aussi dans les autres villes où nous avons vécu : la plupart des chaises, le grand meuble à clapets Strafor (très galère à ramener), les porte-revues, le fauteuil et le lampadaire du salon, etc., etc. Il arrive aussi qu’on récupère et qu’on transforme, comme les meubles TV dont on a changé les planches ou la table de cuisine qui sert de bureau à Marc.

Partout dans l’appartement se cachent des éléments qui n’ont rien coûté mais qui ont trouvé leur place. Par exemple, dans l’entrée, le banc qui sert à planquer les chaussures est en fait un piétement d’armoire trouvé en bas de chez nous sur lequel j’ai fixé une planche qui restait de l’aménagement du bureau. J’ai aussi dévissé les poignées d’une armoire à glace directement dans la rue (toujours avoir un mètre et un tournevis sur soi !), qui servent maintenant au placard de notre chambre et lui donnent une tout autre allure. J’ai encore pas mal de stock de choses diverses et variées rangées ça et là et qui attendent leur heure. Je ne me dis jamais : « non, je ne prends pas ça, je n’en ai pas l’utilité ». Mon chéri râle pas mal mais il finit toujours par être content. Et comme je couds, je chine aussi des tissus et des canevas, dont je fais surtout des coussins.

Je suis également très fan des luminaires. Là encore, c’est du chiné pas cher pour beaucoup, à l’exception de la suspension danoise de la cuisine, que j’ai payée 130 euros, un craquage irrésistible mais je me dis que je ne l’ai payée « que » le quart de sa valeur réelle/marchande.

Quand je pars en vacances, je chine toujours quelque chose à ramener à la maison. Des trucs rarement pratiques en avion ou en train d’ailleurs… On a même rapporté une litho de Stockholm en démontant le cadre et en virant le verre. Je l’ai fait rencarder 18 mois après avec son cadre d’origine. J’aime bien m’entourer d’objets qui me rappellent des souvenirs et que je ne verrai pas ailleurs.

On a aussi quelques meubles ou objets de famille, mais très peu. Les chaises à barreaux blanches de la cuisine étaient dans le premier appartement commun de mes parents, vers 1966. Je les ai toujours vues à la maison, mais elles étaient noires à l’origine. Je les ai récupérées quand ma mère a récupéré celles de ma grand-mère ; une sorte de chouette transmission générationnelle !



vendredi 27 mai 2016

Chez Sandrine M.

Sandrine (36 ans bientôt 37) - environs de Saint-Etienne - appartement à mi-temps - 75 m2 - 2 chambres - locataire 



Je vis à mi-temps dans cet appartement depuis bientôt 1 an et demi, c'est l'appartement de transition où je me suis installée après ma séparation, j'y vis la moitié de la semaine, et l'autre moitié je rentre à la maison retrouver mes 2 enfants de 10 et 14 ans. Cette situation n'est pas très confortable au quotidien, c'est pour ça qu'elle ne pouvait qu'être transitoire, et je m'apprête à rendre les clés dans un mois pour m'installer dans un vrai chez-moi avec les enfants! Je récupère finalement la maison, la boucle est bouclée...
Ici je viens en voyageuse, j'y pose mes sacs, les déballe, les remballe, je ne m'y sens pas tout à fait chez moi et pourtant j'ai pris plaisir à aménager ces lieux pour ce nouveau départ, même si les pièces sont restées un peu vides. C'est assez lumineux, tout blanc, mais malgré tout chaleureux avec ce sol très particulier en panneaux de particules vitrifiés, un vrai régal car on ne voit pas la saleté, d'ailleurs je me suis passée d'aspirateur pendant un an et demi, car un coup de balai suffit, et je ne veux pas me prendre pas la tête avec le ménage pour le peu de temps que je passe ici, c'est l'avantage!
C'est un appartement cocon, une sorte de petite garçonnière (je n'ai pas connaissance du féminin de ce mot, et pourtant...), mes souvenirs ici sont peu nombreux mais intenses. Des visites de copines pour le moral, quelques soirées bien arrosées, un grand amour perdu depuis... 
Comme je n'avais pas un rond j'ai récupéré pas mal de meubles sur le bon coin, 20-30 euros maxi pour les "gros meubles", canapé, buffet mado, lit, fauteuils... Chacun de ces meubles m'attendait je crois, ils ne servaient plus, étaient de trop, gênaient. J'ai été heureuse de les adopter. Le canapé a une drôle d'histoire, le gars qui le vendait se séparait lui aussi, et me l'a laissé la mort dans l'âme car il ne rentrait pas dans son nouveau petit studio. Il m'a dit y avoir fait de nombreuses siestes, je me suis chargée de lui faire vivre d'autres histoires moins reposantes... ;)

A présent il va falloir recaser tout ce petit monde dans mon ancienne maison déjà bien occupée, mais je ne m'inquiète pas trop, les histoires de ces objets vont se mélanger très bien, et pour certains ce sera même des retrouvailles! L'idée que les meubles et objets portent en eux les histoires des gens avec qui ils ont vécu et que tout ça s'accumule dans un joyeux bordel me plait beaucoup...
 
J'aime les cartes en tout genre que je récupère lors de mes sorties dans les bars, les théâtres, j'aime de moins en moins les plantes vertes sauf les toutes petites, genre succulentes. Je n'ai pas ramené tous mes livres, mais j'avais quand même besoin d'avoir une mini-bibliothèque pour me sentir chez moi. Les petites guirlandes qui pendouillent font aussi partie de mes petits péchés mignons, j'aime bien leur verticalité dans une pièce. La vaisselle est réduite au strict minimum, un mélange de vieilles assiettes, de tasses dépareillées, et d'ikea. Je ne cuisine pas beaucoup quand je suis seule, mon frigo contient cependant toujours le minimum vital: quelques bières bien fraîches :)
Merci à Lisa sans qui je n'aurais peut-être jamais immortalisé ce lieu un peu éphémère, cette parenthèse nomade de ma vie.